Réseau européen contre la privatisation et la commercialisation de la santé et de la protection sociale
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Déclaration de Barcelone

D 3 décembre 2018    


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Réuni ce 16 novembre 2018 à Barcelone, le Réseau européen contre la privatisation et la commercialisation de la santé et de la protection sociale a dû constater que les mécanismes de privatisation et de commercialisation de la santé et de la protection sociale s’amplifient dans toute l’Europe, poussés par les politiques néolibérales du « tout au marché ».

Ce constat s’appuie sur les réalités de nombreux pays dans des secteurs très divers de la santé et de la protection sociale.

La commercialisation de la santé produit des effets désastreux sur l’accessibilité aux soins de santé (géographique, économique, temporelle, culturelle…) [1] et donc une exclusion croissante de groupes importants de population, parmi lesquels les femmes, les jeunes, les sans- emplois, les aînés, les personnes porteuses d’un handicap, les migrants… sont les premières victimes.

La précarisation, la peur et la résignation, qui s’ensuit créent un terrain fertile pour l’extrême droite démagogique.

L’absence d’Europe sociale et les politiques néolibérales de l’Europe permettent aux autorités locales de désigner l’Europe comme étant la cause et responsable unique de tous ces maux.

Plus que jamais le Réseau européen réaffirme la nécessité de protéger et généraliser le patrimoine social européen que constituent les systèmes de protections sociales telles que la sécurité sociale, mais aussi, les politiques sociales visant à agir sur les déterminants sociaux de la santé (enseignement, logement, conditions de travail, environnement,…) [2], ainsi que le proclame la Charte Sociale européenne .

Les participants à la rencontre de Barcelone ont, sur ces bases :
décidé de poursuivre et intensifier les actions inscrites dans l’année européenne de lutte contre la commercialisation de la santé lancée le 7 avril 2018

  • adopté la proposition de déclaration de principes ci-jointe, qu’ils vont soumettre à adoption aux groupes parlementaires européens et aux candidats aux élections européennes de mai 2019
  • décidé, dans le cadre d’une mobilisation européenne, d’organiser à Bruxelles, autour du 7 avril 2019 – journée européenne de lutte contre la commercialisation de la santé – une manifestation européenne et une conférence avec les groupes parlementaires signataires.
    Il s’agira de diffuser les grands principes qui doivent garantir l’action politique européenne en matière de santé
  • décidé, d’ici-là, d’informer, sensibiliser et mobiliser localement, via les organisations membres et les réseaux amis, afin de créer un front unitaire et pluriel de luttes.
    Il s’agira de faire converger les luttes locales de défense d’une santé publique vers une réelle capacité d’action à l’échelle européenne.

Lutter ensemble pour une Santé publique pour tous.tes !

LA DÉCLARATION DE PRINCIPE, SOUMISE AUX CANDIDATS AUX ELECTIONS EUROPEENNES

Par cette déclaration nous nous engageons à défendre et généraliser un système de santé et une protection sociale qui assurent à l’ensemble de la population des services accessibles, fiables, de qualité et non commerciaux par un financement suffisant et solidaire, vers une Europe réellement sociale

Les principes que nous défendons :

La santé est un état de bien-être physique, mental, social, culturel et écologique, et ne consiste pas seulement en l’absence de maladie ou d’infirmité.

La santé et la protection sociale sont des droits humains universels qui doivent être considérées dans leurs aspects les plus larges et globaux, notamment les déterminants de la santé.

C’est pourquoi le droit à la santé et la protection sociale nécessitent une action du secteur sanitaire, mais également de nombreux autres secteurs sociaux, environnementaux et économiques. Les choix politiques, qu’ils soient européens ou nationaux, doivent être faits afin d’assurer à l’ensemble de la population, quelle que soit la zone géographique, des services de proximité accessibles, fiables, de qualité, non commerciaux et démocratiques, financés par un système solidaire.

C’est pourquoi, comme parlementaire, représentant des citoyens européens, je m’engage à m’opposer au démantèlement des systèmes de santé et de protection sociale universels en défendant les axes d’action suivants :

  1. Pour notre santé : assurer un financement suffisant pour les services de santé publics et non marchands des États membres, garantissant un système de protection sociale solidaire, public et universel offrant des services accessibles, de qualité ;
  2. Pour notre santé : protéger la population contre les dérives commerciales, car la santé et la protection sociale sont des biens communs et ne sont pas à vendre ;
  3. Pour notre santé : garantir une accessibilité financière, géographique, temporelle, culturelle à la santé pour toutes les populations, sans restriction d’aucune sorte, en tenant compte des réalités locales ;
  4. Pour notre santé : stimuler la démocratie sanitaire en impliquant la société civile, les travailleurs.euses et les bénéficiaires, dans la définition des objectifs et moyens des politiques de santé ;
  5. Pour notre santé : améliorer la santé en attaquant les causes profondes telles que les déterminants sociaux, environnementaux, écologiques et du genre de santé, par l’existence d’un socle de droits réels à toute la population ;
  6. Pour notre santé : orienter une politique des médicaments au service de la population et non des multinationales pharmaceutiques.

Ces axes pourraient être concrétisés à travers les propositions ci-dessous.


[1Géographique : éloignement des services de santé par suppression et fusions, déserts médicaux, …
Économique : la part de financement des bénéficiaires (« out of pocket »)
Temporelle : les listes d’attente et les reports de soins
Culturelle : les prises en charge sont de plus en plus standardisées

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